SeaOrbiter et les aliments marins de demain

SeaOrbiter et les aliments marins
de demain

De fortes menaces pèsent aujourd'hui sur la pêche mondiale : épuisement des stocks de poissons, raréfaction de la ressource, sans parler de la disparition programmée de la biodiversité alimentaire marine si nous ne changeons pas nos coutumes alimentaires et donc les mécanismes de marché qui s'en suivent. Aujourd'hui le marché repose essentiellement sur une dizaine d'espèces phares quand plus d'une cinquantaine est disponible. Ainsi, on estime ainsi que 70% des poissons de grandes tailles ont été pêchés, d'où un problème de recrutement des juvéniles et de régénération de certaines populations, et que 80% des espèces visées par la pêche sont exploitées à leur maximum.
 
L'aquaculture, sensée représenter une solution alternative à l'épuisement des populations de poissons sauvages, incapable de mettre en place des chaînes de nourrissages adéquat ni de proposer des espèces alternatives qui ne soient pas des carnivores de haut de chaîne très gourmands en terme de transformation énergétique pour leur croissance (saumon, bar, turbot…), amplifie le phénomène d'appauvrissement des océans. En effet les pêches accessoires – qui n'entrent pas dans le crible du marché de la consommation et de la grande distribution mais sont transformées en farines d'aquaculture quand elles ne servent pas à nourrir les élevages intensifs de poulets – sont néanmoins prélevées dans la chaîne alimentaire naturelle et participe donc à la modification des écosystèmes et à la disparition globale de ressource et de biodiversité.
 
Il est donc grand temps d'inventer de nouvelles techniques de pêche plus respectueuses de l'écosystème marin et de développer une aquaculture fondée sur des principes pouvant nourrir une population sans cesse croissante et dont la demande en protéines venues de la mer sera exponentielle dans les années à venir, l'élevage terrestre touchant à ses propres limites. Sans parler de l'accès à la ressource marine qui doit, d'une manière éthique, être garanti aux populations côtières en voie de développement.
 
La solution pour résoudre une partie des problèmes d'alimentation humaine de demain réside donc dans notre capacité à inventer ces nouvelles techniques d'élevage marin durable et responsable.
 
De par sa mission et sa conception, SeaOrbiter, plate forme laboratoire peut aussi servir le concept d'une ferme marine dérivante. Le principe d'agrégation de vie qui développe le phénomène naturel de construction d'un mini écosystème de vie et d'une chaîne alimentaire associée sous un objet flottant est connu de puis les temps les plus anciens et utilisé comme dispositif de concentration de poissons par les pêcheurs ancestraux de Polynésie ou des Caraïbes.
 
Dans le but d'explorer de nouveaux protocoles d'élevage de la ressource marine pour une alimentation humaine respectueuse de l'environnement, SeaOrbiter étudiera tous les principes permettant d'étudier le développement de chaînes alimentaires en pleine eau et de créer naturellement les bases d'un développement de ressources en protéines marines à grande échelle.
 
SeaOrbiter pourrait donc être le support d’une production biologique marine créée et favorisée par l’homme à travers :
-       Des aménagements supports de biodiversité marine pouvant être installés sur les parois immergées du vaisseau marin. Deux types d’habitats artificiels peuvent ainsi être créés : éco-récifs pour espèces adultes, micro-habitats pour espèces juvéniles. Afin d’optimiser l’attraction et l’installation de larves puis de juvéniles sur des micro-habitats des installations spécifiques seront disposées en sub-surface dans la zone de concentration des larves pélagiques. Ces habitats doivent être conçus pour les types d’espèces présentes sur la trajectoire du SeaOrbiter.
-       Un système révolutionnaire de fertilisation naturelle des eaux de surface par création d’un micro upwelling dirigé. Le principe est un pompage direct des nutriments dissous en profondeur (Azote, Phosphore), destiné à « booster » le développement du phytoplancton autour du SeaOrbiter (îlot activateur de production marine). Le principe est simple, une fois en surface ces eaux riches en sels minéraux sont diffusées et avec l’aide du soleil et favorisent la photosynthèse. Sur la base des ETM et des pompes à chaleur, ce système permet en outre d’assurer une alimentation en air conditionné et courant pour l’habitacle.
 
Créés en éco-matériaux innovants ces aménagements favorisent la production de biomasse (algue et poisson) pour l’observation scientifique ou, à la manière de « potagers » marins, pour être récoltée et consommée. La seule action de l’homme est de créer et de disposer ces habitats favorables à l’installation et au développement de la vie marine.
L’expertise d’Egis est dans la conception et le dimensionnement de ces équipements, en fonction des différents milieux et des diverses espèces potentiellement rencontrées par le SeaOrbiter.
L’objectif est de montrer comment la mer peut être « cultivée » pour nourrir l'humanité en utilisant l'équipage de SeaOrbiter comme utilisateur premier. Dans l’esprit du marine-ranching (halieuculture extensive) engagé par le Japon depuis 50 ans pour s’assurer une auto-suffisance alimentaire en produits de la mer.
 
Les outils développés par Egis Eau et qui pourraient être adaptés au projet sont :
-       Des habitats artificiels pour poissons adultes et des micro-habitats pour juvéniles
-       De l'éco-matériau biogène

Un système FENES fertilisation par enrichissement naturel des eaux océaniques de surface, couplé avec une PAC (pompe à chaleur) et / ou une pico centrale électrique fonctionnant par ETM (énergie thermique des mers)